LE MALHEUR DES UNS NE FAIT PAS LE BONHEUR DES AUTRES

Chez nous, on ne saute pas au plafond quand on apprend une mauvaise nouvelle. Et, pour nous, c’en est une ! CAUSETTE va mal, très mal… « Encore ! », avons-nous envie de nous exclamer !

QUAND LE PIRE N’EST PAS CELUI QU’ON CROIT !

Enfin, en même temps, il ne faut pas exagérer, on ne va pas pleurer sur le sort de Grégory Lassus-Debat, le directeur de Causette ! On ne va pas s’en réjouir non plus, même si, en ce qui le concerne, le sourire nous vient spontanément aux lèvres ! Il faut dire que, nous aussi, on lui doit quelques mauvais moments, et on n’en a pas gardé un excellent souvenir !

J’avais lu, comme tout le monde, au printemps 2013 je crois, le sulfureux article de Causette intitulé « L’empire du mensonge ». Un article à charge contre Frédéric Truskolaski, un patron de presse qui a le culot de publier des magazines low cost et d’envahir les linéaires avec ses trop nombreuses publications ! Il fallait le mettre au pilori, ce Truskolaski, sous prétexte de se pencher sur le sort peu enviable de petites secrétaires sans le sou exploitées par cet horrible « esclavagiste ». Ce qui m’avait surprise à l’époque (et je n’ai toujours pas compris), c’est qu’un magazine féministe se permette ainsi d’afficher son mépris pour des rédactrices dont le seul crime était d’avoir choisi une activité qui semblait leur convenir (et leur convient toujours, d’ailleurs).

« CAUSETTE, REVIENS ! »

Bon, je vous épargne l’épisode Bridget dont j’ai longuement parlé. Grâce à l’acharnement du directeur de Causette, le magazine n’a pas survécu : merci qui ? Merci Grégory ! Par contre, ce génie de la stratégie a réussi l’exploit de créer, entre les rédactrices qui avaient conçu et écrit le défunt magazine, mais aussi celles qui n’avaient pas participé à cette aventure, un sentiment de solidarité durable. Ah, le pauvre ! Pas très doué pour la mise à mort, on dirait ! Enfin, celle des autres !

Parce que, quand il s’agit de son propre magazine, le patron de Causette s’y prend assez bien pour l’occire de la plus belle des manières ! Entre les articles de mauvais goût et les problèmes de ressources humaines, le big boss a vraiment tout fait pour que ça ne marche pas ! D’abord, il y a eu ce conflit qui a duré trop longtemps et pendant lequel les langues se sont déliées : eh oui, les journalistes étaient accusées de pondre de la « merde », les pauvres faisaient du burn out… Et, pour finir, de la rébellion heureusement. Ça s’est soldé par l’annulation de deux numéros et six ruptures conventionnelles de contrats. Qui dit mieux ? Évidemment, ça a mis du plomb dans l’aile de la pauvre Causette.

Ah, et puis, cerise sur le gâteau, le cabinet comptable serait responsable des problèmes financiers du titre ! Non, mais franchement, c’est pas de bol, c’est toujours de la faute des autres ! Rendez-vous compte, il y avait « de très grosses erreurs comptables » selon Grégory Lassus-Debat ! Et le pauvre ne s’est rendu compte de rien, quel dommage ! « On perdait de l’argent sans le savoir », a-t-il expliqué. 600 000 euros de pertes en 2014 ! Pour ne pas le savoir, il fallait être au moins un peu négligent, non ? Du coup, pour geler les dettes, il n’y a plus qu’une solution : le redressement judiciaire ! Enfin, il paraît qu’il ne devrait y avoir aucun licenciement. Ouf, nous voilà rassurés, il y a eu assez de départs comme ça !

Franchement, le patron de Causette devrait peut-être réfléchir un peu à ses responsabilités au lieu de s’en prendre tout le temps aux autres : patron de presse, autres magazines, journalistes, cabinet comptable… Et ce sera quoi la prochaine fois ?

Causette, nous on l’aime bien, et on lui souhaite longue vie, avec ou sans son actuel directeur. Plutôt sans, peut-être !

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PRESSE D’OPINION, OPINION DE LA PRESSE

J’ai toujours aimé les débats d’idées, et j’ai les miennes que je défends bec et ongles. La citoyenneté, c’est aussi un engagement pour un modèle économique et social, des valeurs. Bref, être citoyen, c’est nécessairement être engagé… parce qu’on n’est pas des moutons de Panurge, enfin, pas moi en tout cas !

J’aimais bien, il y a quelques années – mais ça c’était avant – confronter les éditos, les chroniques, les articles de certains périodiques parce que, quels que soient les points de vue défendus, les idées des uns et des autres, leurs arguments nourrissaient ma propre réflexion. Bien entendu, ceux qui me connaissent savent qu’il existe des limites que je n’arrive pas à franchir. Au niveau politique, je suis incapable de me contraindre à suivre ce qui me dégoûte, m’agresse. Je sais, c’est une faille, on ne combat jamais mieux un ennemi que quand on le connaît. Que voulez-vous, chacun ses faiblesses ! Cela dit, en cas de nécessité – merci internet – j’ai toujours réussi à trouver ce dont j’avais besoin pour m’attaquer à l’inadmissible.

J’avoue qu’aujourd’hui, je suis un peu déboussolée par les orientations des médias : tout le monde dit la même chose, on relaie des contre-vérités, des inepties, des opinions dont on n’a pas vérifié le fondement. L’info, y compris erronée, circule sur le net plus vite que la réflexion qu’elle devrait susciter. On s’ingénie à publier ce qui conforte ce qu’on pense, peu importe si c’est vrai, pourvu qu’on puisse s’en servir. Où sont ceux qui sont capables d’un regard critique, d’une investigation sérieuse, d’une remise en cause qui les honorerait ? Inlassablement, on fait tourner en boucle les rumeurs, les infos non vérifiées, surtout quand elles viennent appuyer l’opinion qu’on a, ses affinités, ses inimitiés… Et on fabrique des boucs émissaires, mais aussi des “stars” dont ni les idées ni le réel poids politique ne justifient la place de choix qu’on leur accorde. Je me demande même si on ne favorise pas des choix peu glorieux en banalisant l’inacceptable.

Sans doute cette dérive des médias va-t-elle de pair avec l’hypermédiatisation immédiate de l’info par Internet. Pas de recul, pas de réflexion, on balance en direct, on n’a pas le temps de réfléchir. Mais, le pire, c’est que, quand vous prenez la peine de donner les infos – de première main – dont vous disposez, vous vous rendez compte qu’elles n’intéressent que si elles vont dans le sens des partis pris des uns ou des autres ! Je viens d’en faire l’expérience.

Dommage, journaliste, c’est pourtant un beau métier !

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SIX FAÇONS DE SE DÉBARRASSER D’UN ÉDITEUR DE PRESSE GÊNANT

N’est-il pas naturel, quand un éditeur low cost envahit les linéaires, de tenter, par tous les moyens de s’en débarrasser pour laisser aux autres plus de place dans les kiosques ? Petit tour des moyens qu’on peut mettre en œuvre !

1 – Pourquoi ne pas commencer par une bonne campagne de dénigrement gratuit ? Traiter le quidam de “négrier” et d’ “esclavagiste”, c’est assez tentant et classique. Ça marche plutôt bien. Inutile de se compliquer la vie pour trouver d’autres termes, ceux-là fonctionnent parfaitement. Ils ont été testés.

2 – On peut aussi faire à cet empêcheur de tourner en rond des procès pour contrefaçon. Attention quand même, il peut y avoir un article – guère plus, je vous rassure – pour relater qu’il a gagné, ce qui est contre-productif pour ceux qui l’accusent. Nous, on recommande plutôt de ne pas se présenter à l’audience. Bien sûr, ça agace les juges, mais personne ne le sait, ça n’intéresse pas les journalistes, voyons ! L’honneur du plaignant est sauf. Oui, ça aussi, on a vu. C’est du vécu !

3 – Il est également intéressant de lancer les blogueurs contre l’intrus sur le net, en lui reprochant, par exemple, de faire du féminisme de bas étage tout en exploitant, nous dit-on, des jeunes idiotes dans sa rédaction. Ça permet – mais pas pendant trop longtemps, parce que, quand même, on n’est pas des quiches – à l’accusateur de dissimuler ce qu’il se passe de pas joli-joli dans sa propre rédaction. C’est l’histoire de la paille et de poutre : classique, et ça marche ! Si, si, ça aussi, ça s’est fait ! Remarquez, la poutre a fini par remonter à la surface. On ne sait pas trop si c’est à recommander.

4 – Bon, on peut également déployer les grands moyens. Ben oui, faire intervenir un ministère pour descendre le type en question dans une note, ça peut être envisagé. La preuve ? On l’a, évidemment. Non, on ne sait pas si c’est vraiment très respectueux des grands principes de la liberté de la presse, mais on n’a pas creusé la question ! On la laisse à nos lecteurs.

5 – L’argent est, paraît-il, le nerf de la guerre. Il ne faut donc pas oublier de sortir l’artillerie lourde, j’ai nommé la CPPAP, la Commission Paritaire des Publications et des Agences de Presse, celle qui donne son « avis sur l’application aux journaux et écrits périodiques des textes législatifs ou réglementaires prévoyant des allègements en faveur de la presse en matière de taxes fiscales et de tarifs postaux ». En gros, quand on est un « éditeur de presse gênant », on ne bénéficie pas de la TVA à 2,1%, même si des publications tout à fait comparables à ce qu’on fait ont ce privilège.

6 – Enfin, essayons la fiction : quand on a en face de soi un coriace qui résiste à tout, on peut aussi lui piquer ses magazines. Vous n’y aviez pas songé ? Moi, si ! Je pense que ça peut réussir… pendant un temps ! Mais, comme disait ma grand-mère, le bon Dieu a de la monnaie pour tout le monde. Je ne conseille pas !

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Merci madmoiZelle

On croyait avoir tout vu, mais non ! On se croyait au XXIe siècle… non plus ! Rue du Commerce a trouvé un truc GÉNIAL : faire de la pub pour perdre ses clients ! Il fallait y penser.

Ce matin, j’ai reçu par mail un lien vers l’article de Marie-Charlotte « Quand Rue du Commerce insulte la totalité de ses clients« . Décidément, la bêtise n’a aucune limite ! Article bien fait, je vous laisse le déguster, je me contente de piquer les images (comme j’y suis invitée). Elles parlent d’elles-mêmes !

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Bye, Rue du Commerce, tu peux rayer mon nom de ton fichier clients ! Non, non, ce n’est pas une blague. Et j’espère bien que je ne serai pas la seule !

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Pour porter plainte auprès de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, c’est ICI.

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NON, JE NE SUIS PAS UNE ESCLAVE, NON JE NE SUIS PAS PAYÉE AU LANCE-PIERRE

Il était une fois un patron de presse – on va l’appeler FT* – qui menait tranquillement sa barque sans embêter personne. Et puis, un jour, un autre patron – et si on l’appelait GLD* – qui devait certainement beaucoup s’ennuyer au quotidien, s’est dit : « Tiens, et si je me mettais ce cher FT dans le collimateur et que je m’appliquais à lui pourrir la vie ». « Chouette ! Chouette, a bondi son petit démon intérieur, on pourrait y mettre le paquet ! » C’est ainsi que, sans raison apparente, GLD a ordonné à sa troupe de servantes – qu’il terrorise et pousse aux arrêts-maladies à répétition – pardon, à « ses journalistes » d’enquêter sur son nouvel ennemi juré.

N’ayant pas franchement envie de déployer de grands efforts pour procéder à des analyses approfondies, à la vérification des sources et à la production d’une information exacte, sachant que le seul but était de décrédibiliser FT, les fidèles alliées de GLD se sont appliquées à casser le patron de presse, ses publications… et ses équipes ! Ces dernières ont été qualifiées, je cite, de « petite armada de jeunes femmes, chômeuses ou étudiantes, payées au lance-pierre ». Attardons-nous un moment sur la théorie qui, selon GLD, voudrait que les chômeuses restent chômeuses et que les étudiantes n’aient pas le droit d’avoir un revenu. Le principe du chômage n’est-il pas de chercher un emploi et, quand on a la chance d’en trouver, de travailler ? Et les étudiants qui décrochent des petits boulots, c’est donc criminel ? Ceci étant dit, il se trouve que l’armada est plutôt majoritairement composée de bons profils diplômés (de la psychologie aux lettres, en passant par l’économie et les sciences politiques, votre humble servante ayant fait dans la communication).

Après cette parenthèse, nous nous arrêterons sur la notion de « payées au lance-pierre », certains parlant même d’« esclavagisme ». Si vous le permettez, nous observerons une minute de silence par respect pour tous les esclaves de l’Histoire qui se retrouvent insultés par cette odieuse comparaison.

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Regardez dans le ciel ! C’est un oiseau ? C’est un avion ? C’est SUPERPIGISTE, venue enfin rétablir la vérité !

Contrairement à ce que le prétendent notre GLD et son armada de journalistes sur les nerfs qui arrivent tous les matins avec une boule au ventre, la rémunération chez FT est très honnête et constitue un revenu (ou un complément, pour certains) plus que convenable. Les sujets sont payés au nombre de signes et, pour un débutant d’une rapidité de rédaction moyenne, cela correspond à une dizaine d’euros nets de l’heure. Le lance-pierre est sacrément bien garni !

Cerise sur le gâteau : le prétendu esclavagiste fait preuve d’une grande générosité et sait récompenser l’investissement et le bon travail. Les meilleurs éléments sont augmentés au bout de seulement quelques mois d’ancienneté et, parfois, une belle prime vient mettre du beurre sur leurs épinards, comme ça, parce que le patron l’a décidé. Les revenus, avec FT, peuvent  donc monter très haut… Bien plus que la moyenne de ceux des journalistes (et de nos copines qui critiquent sans vérifier). Chocolat fondu sur la cerise du gâteau (ouais, on est gourmands) : il n’y a pas de maximum d’articles à rédiger, le principe « travailler plus pour gagner plus » prend ainsi tout son sens. Si l’on a envie de faire du 70 heures par semaine, rien ne nous en empêche (à part peut-être la pénurie de Red Bull dans notre frigo).

Parce que c’est mon article et que j’me la pète si j’veux, je vais maintenant vous parler des belles expériences que j’ai pu vivre grâce à mes revenus d’esclave du « négrier de la presse ». Sachez déjà que j’ai des loisirs qui coûtent cher et qui impliquent des avions, des hôtels, des activités, du shopping à outrance… Oui, je parle de ces voyages au cours desquels l’on passe dix heures par jour à se balader/visiter et où l’on rentre chez soi avec près de vingt kilos d’excédent de bagages (true story). En trois ans de travail avec FT, je me suis offert quatre semaines fabuleuses en Thaïlande, et quatre autres dans l’ouest des États-Unis. Les deux fois, j’en ai pris plein les yeux avec des paysages extraordinaires et j’ai vécu des rencontres et découvertes inoubliables. La troisième année ? J’ai eu un joli petit poupon dont la garde-robe n’a rien à envier à celle du Prince George. Bientôt, c’est donc à trois que nous irons parcourir le monde et ce sera certainement l’Oncle Sam qui aura de nouveau le plaisir de nous accueillir.

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Que j’aime ma vie d’esclave payée au lance-pierre !

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M.G.

* Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence… Ou pas !

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ENVIE DE MEURTRE

Eh oui, à moi aussi, ça m’arrive et j’y songe sérieusement !

Il faut croire que la pige ne me suffit plus, me voilà prête à écrire un roman ! Hummmm, un peu prétentieuse la petite pigiste ! Certes, je vous l’accorde, mais que voulez-vous : quand on travaille avec des gens qui osent se lancer, qu’on met le bout des orteils, puis le pied et enfin le reste à l’eau, le résultat est jubilatoire ! Chaque jour, devant mon clavier, c’est plaisir à volonté, et jusqu’à plus soif ! Que n’ai-je commencé plus tôt ! Enfin, les regrets, ce n’est pas trop mon truc, alors merci, merci , un grand merci à Frédéric Truskolaski… J’ai découvert la saveur incomparable de la rédaction , ENFIN !

Me voilà prête à devenir une « killeuse » en série, et je ne vais pas me gêner. Oui, oui, mon projet, c’est un polar (pour info,  je suis une inconditionnelle de  la trilogie Millenium et une grande consommatrice de polars). À psychanalyser ? Même pas, ce sujet qui dort dans un petit dossier, je n’ai pas eu besoin de me triturer l’esprit pour le trouver, il est arrivé sans que j’aille le chercher et alors que je ne m’y attendais absolument pas ! J’ai bien l’intention d’en faire mon premier (ou mon dernier) roman !

C’est bien simple, je suis prête à le donner à un de mes amis auteurs, s’il le faut. Je veux absolument que cette histoire, plus vraie que nature, soit publiée ! Le hic, c’est que je dois mener un certain nombre de projets passionnants, et je n’ai pas l’habitude de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Je saurai donc passer le relais s’il le faut ! Je me donne un mois pour m’y mettre sérieusement ou donner mon bébé à quelqu’un qui saura en prendre soin !

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LES FEMMES DANS LA PRESSE : NON, ELLES NE SONT PAS TOUTES VICTIMES DE SEXISME

Eh, oui, le blog est ouvert…

Du sexisme dans la presse ? « Meu non, pensais-je, le sexisme n’existe que chez les bornés et les incultes. Les journalistes sont respectées par tous et, pour être arrivés là où ils sont, les patrons ne peuvent être qu’intelligents et au-dessus de ces croyances moyenâgeuses ». Ma candeur et ma foi en l’humanité me perdront, mes amis !

 

C’est d’abord la grève des journalistes du magazine Causette (dont on peut au moins saluer le courage) qui m’a interpellée. Patron prônant le féminisme, mais agissant en coq dans sa basse-cour, avis de la rédaction méprisé et ignoré parce que c’est môssieur Big Boss qui décide, arrêts maladie à répétition et grève pour protester contre les conditions de travail… Et dire que ça se veut donneur de leçons ! En creusant davantage le sujet, j’ai été outrée de découvrir (mieux vaut tard que jamais) que les femmes journalistes, si elles commettent la faute de soigner leur apparence, se retrouvent en proie aux réflexions (ou pire, aux gestes) de machos les rabaissant ou les prenant pour des organes sexuels sur pattes.

 

D’ailleurs, plusieurs grands noms des médias français s’étaient insurgés contre ce sexisme ordinaire et le harcèlement dont sont victimes les journalistes féminines. Pour lutter contre les clichés, le refus de postes à responsabilités aux femmes, ainsi que de nombreuses autres injustices, elles ont créé Prenons la Une : « Collectif de femmes journalistes pour une juste représentation des femmes dans les médias et l’égalité professionnelle dans les rédactions ». Oui, oui, on est obligé d’en arriver là pour espérer que les femmes obtiennent la même considération que leurs confrères masculins. Non, non, vous n’avez pas fait de bond dans le temps, nous sommes toujours en 2014 !

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Puisque nous sommes là à papoter de droits des femmes dans la presse, et si je prêchais un peu pour ma paroisse ? Car oui, la plupart des rédactions souffrent de machisme, mais toutes ? Non ! Au moins un groupe appartenant à un irréductible patron reste un magnifique exemple d’égalité dans la presse. Au recrutement, déjà, aucune différence n’est faite entre mâles et femelles, seul le profil et les qualités rédactionnelles comptent. Ensuite, toutes et tous sont écoutés, considérés et valorisés de la même façon et, allez, soyons fous, justement récompensés de leurs efforts. Projets et responsabilités sont attribués de manière équitable, toujours au mérite et non aux attributs sexuels.

 

Mais quelle est donc cette rédaction où il fait bon être femme ? Chez un patron qui s’est curieusement souvent retrouvé critiqué par ses détracteurs (notamment l’équipe d’un magazine, appelons-le dépressions-à-répétition, qui a fabulé sans daigner se renseigner), j’ai nommé Frédéric Truskolaski ! Nous, gentes dames de la rédac, lui sommes reconnaissantes de son estime, sa confiance et sa valorisation de notre travail, principales raisons (parmi tant d’autres) de notre épanouissement au travail. Toutes avec moi : « Meeeeerciiiiii paaaaatroooon ! »

M. G.

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HISTOIRE DE CLAVIER…

Ben oui, je suis PI-GIS-TE… Mais non, je ne suis pas à plaindre ! Un jour, j’ai répondu à une petite annonce… et j’ai commencé ! En télétravail.  C’est pratique, mais j’avais quand même des doutes. J’aime bien les gens, ceux qu’on touche, qu’on embrasse, qu’on prend dans ses bras… Enfin, vous voyez, ce que je veux dire. Je ne suis pas très virtuelle comme fille, même si je suis un peu geek !

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Il faut dire que j’ai eu une petite expérience avec une société de rédactionnel. Quand je dis petite, c’est minuscule. J’ai fait deux textes et bye-bye, vraiment nul ! Je n’ai jamais été un robot et je ne traite qu’avec des êtres humains ! Mais, ça, c’est autre chose.Et je ne retenterai cette expérience pour rien au monde. Plutôt tout perdre, y compris mes commandes. Cette fois, j’ai eu une vraie relation avec un vrai groupe de presse. Des gens que je connais, des moments où on rit. Je ne suis pas à vendre, et je trouve qu’avoir une vraie rédaction en télétravail, ça relève du génie, merci Frédéric !

Bon, je l’avoue, il y a quand même un petit truc dan ce boulot qui me gêne VRAI-MENT ! Parce qu’on est dans un groupe qui marche bien, parce qu’on fait du low cost, parce que c’est un crime de réussir dans un secteur sinistré et qu’en plus c’en est un autre de prendre de la place dans les linéaires, nous, on s’en prend plein la tête. Et ça, ras-le-bol ! J’ai du mal à supporter que des donneurs de leçons (qui feraient bien de s’occuper de leurs propres problèmes) se permettent de considérer qu’il faut être faible ou sans le sou pour faire ce genre de boulot ! Pourquoi pas aussi nous traiter d’esclaves ? Ah, pardon, j’oubliais… C’est fait ! La prochaine fois, vous pouvez mettre « monstres » ? Ça en jette aussi !

 

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TÉLÉTRAVAIL : DE L’ART DE BOSSER EN PYJAMA

Cette chronique, on la doit à Lawra, et j’adore son humour ! Je n’ai pas résisté. Bon, j’aurais aimé la photo en pyjama… mais on ne peut pas tout avoir.

Ça ressemble à quoi, la vie de freelance ? Travailler dans son salon (ou sa salle de bains, vous faites comme vous voulez), est-ce aussi idyllique qu’on pourrait le croire ? Notre journaliste de l’extrême s’est introspectée elle-même, puisqu’elle n’a plus quitté son pyjama depuis 2010.

 

Point fashion : le pyjama en question

J’aime autant vous prévenir tout de suite, cette rubrique va sentir le vécu. Et pour cause : je tape ces lignes devant mon ordinateur, chez moi, à quatre heures du matin parce que je préfère travailler la nuit (ça fait poète maudit, j’aime bien). Pour les détails croustillants, je porte un fort joli pyjama dans les tons de gris et de violet (le bas à carreaux, le haut uni), assorti à une veste et des chaussettes bleues en peluche .

Sur mon bureau, un chat et une tasse de thé à la fraise (j’aime vivre dangereusement), sur mes genoux, un deuxième chat (j’aime bien les chats, ça fait poète maudit). Aujourd’hui, pendant que les mortels se caillaient les miches pour aller au travail, j’étais bien au chaud chez moi. Et demain, quand ils seront extirpés de leur sommeil par la sonnerie stridente de leur réveil, j’attendrai d’avoir fait une nuit complète avant de sortir une chaussette de sous ma couette. Peut-être même que je travaillerai sous la couette, carrément.

 

Liberté, volonté, précarité

Alors non, travailler chez soi n’est pas non plus une orgie de fainéantise et de pyjamas. Ça a quelques avantages, et son équivalent en inconvénients. Mais commençons par les avantages, c’est quand même plus gai. Lorsqu’on travaille chez soi, pas de collègues, de supérieurs, d’horaires stricts : vous modulez votre temps comme vous le souhaitez. Des courses à faire ? Vous pouvez y aller aux heures creuses. Des amis à voir ? Vous pouvez travailler à un autre moment de la journée.

Pour les inconvénients, il faut savoir se motiver pour travailler. Lorsqu’on est chez soi, la tentation est grande de regarder un bon film ou de végéter sur Internet plutôt que de se mettre à l’ouvrage. Et personne n’est sur votre dos pour vous rappeler à l’ordre : vous ne travaillez pas, vous ne gagnez pas d’argent. C’est aussi simple que ça. Si vous n’êtes pas du genre à savoir vous prendre en main tout seul, abandonnez l’idée : être freelance, c’est savoir mettre un peu de discipline dans sa vie.

Autre gros point noir de la vie de freelance : la précarité. Vous avez beau avoir un contrat en or, votre situation est précaire. Si vous tombez gravement malade (je ne vous le souhaite pas, et encore moins à moi-même), ou que vous êtes enceinte (je ne me le souhaite pas non plus, mais c’est tout à fait personnel), il va falloir vous battre contre vents, marées et administration pour obtenir quelques misérables kopecks. Pourtant, vous cotisez. Injuste, n’est-ce pas ?

 

Des calanques méditerranéennes aux calendes grecques 

Pas vraiment de vacances non plus : officiellement, vous y avez droit. Officieusement, les contrats que vous refusez parce que vous vous faites griller sous le soleil des tropiques (ou ailleurs) sont un manque à gagner : vous perdez de l’argent. Vous êtes donc tenté de repousser vos vacances, et comme un contrat tombe toujours quand vous vous apprêtez à partir, eh bien vous êtes aussi blanche qu’une endive. On se console en se disant qu’on aura moins de risques de développer un mélanome.

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La même logique s’applique aux week-ends, jours fériés et soirées. De l’autre côté de la balance, le fait que vous pouvez travailler de n’importe quel endroit muni d’un accès wifi : emmener son ordinateur sous le soleil des tropiques, c’est envisageable. Bon, d’accord, ça ne fait pas autant rêver, mais on peut partir plus de cinq semaines par an.

Et enfin, il y a l’avantage-inconvénient 2 en 1 : le fait que vous ne travaillez que lorsque vous avez des commandes. Côté pile : quand vous avez fini vos commandes, vous pouvez gambader dans les rues en toute insouciance, parfois pendant plusieurs jours. Côté face : quand vous avec beaucoup de commandes, vous travaillez jusqu’à ce que vous ayez terminé. Avec des journées de quinze heures, parfois. C’est ainsi que je me retrouve, à quatre heures du matin, à taper cet article en pyjama.

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PRESSE ET POUVOIR : LES LIAISONS DANGEREUSES

Pilier de la démocratie, la liberté de la presse est considérée comme un trésor inestimable. Garanti par l’UE, ce droit fondamental à la libre expression doit être respecté par les États membres. Quand on s’interroge sur son application, on pense, évidemment, à la Hongrie de Viktor Orban ou à l’Italie de Silvio Berlusconi… Et la France, alors ?

Banale histoire de concurrence…

Au début du mois d’août 2013, Bridget, un nouveau magazine féministe, faisait son apparition dans les kiosques ! Crime de lèse-majesté, il y avait déjà Causette ! Aussitôt, un tsunami médiatique s’est abattu sur la pauvre Bridget qui n’avait rien demandé à personne ! Difficile, sur Internet, de ne pas tomber sur les titres assassins qui accusaient Bridget de n’être qu’un « plagiat éhonté » de Causette ! De nombreux médias s’y sont mis, dont certains qu’on aurait pu considérer comme sérieux ! Mais ça, c’était avant ! Ils sont nombreux ceux qui ont pris les féministes pour des quiches, pardon, pour des analphabètes capables de confondre deux titres et deux couvertures !

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En même temps en kiosque…

Dans cette affaire, il y avait, d’un côté, le directeur de Causette, Grégory Lassus-Debat, qui avait déjà menacé le magazine Paulette de procès pour avoir eu l’impudence de s’appeler… Paul-etttttttte et de s’adresser à un lectorat féminin. De l’autre, le directeur de Bridget, Frédéric Truskolaski avait déjà été violemment mis en cause, quelques mois plus tôt, dans un article de Causette intitulé « L’Empire du mensonge ». Jusque là, rien qu’une affaire de concurrence et de propriété intellectuelle ! La justice règle fort bien ce genre de situation !

Quand la fée jette un sort

Le 26 août, une note de synthèse émanant du Ministères des Droits des Femmes était publiée et circulait sur Internet, sous la forme d’un PDF ! INCROYABLE… et pourtant vrai, il y était question de Causette et de Bridget. À la page 12 de cette note, un court paragraphe agrémenté d’un petite publicité gratuite pour Causette a de quoi stupéfier n’importe quel citoyen vigilant ! En effet, vantant les mérites de cette adorable publication et évoquant l’ire de son directeur, Grégory Lassus-Debat, le Ministère joint sa voix à l’accusation de « plagiat éhonté », désignant Bridget à la vindicte populaire. Et d’énumérer « la ligne éditoriale, la maquette, la titraille, le prix… ». Qu’on m’arrête si je me trompe, mais n’est-on pas, dans ce cas précis, en train d’accuser, bien légèrement, sur la place publique, un titre dont la culpabilité n’a pas été confirmée par une décision de justice ? Ce qu’on admettrait volontiers dans une conversation de bistrot est beaucoup plus difficile à avaler venant d’un ministère ! Quoi, la séparation des pouvoirs n’existe-t-elle plus ? Un ministère peut-il se substituer à la justice ? Et surtout, n’y a-t-il aucun risque pour la démocratie lorsque l’État se penche avec bienveillance sur le berceau  d’un magazine et jette un sort à la concurrence ?

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La petite fée imprudente…

La petite fée du ministère aurait bien fait de tourner sept fois sa baguette dans son dos avant de jeter un sort à une concurrente de sa favorite ! Le 3 décembre, au TGI de Paris, la justice devait déterminer si Bridget était une contrefaçon coupable de concurrence déloyale. Mais seule l’avocate de Frédéric Truskolaski était présente à l’audience… son dossier, sans doute assez épais, sous le bras ! Il faut croire que les détracteurs de Bridget sont allés bien vite en besogne ! Fin de l’affaire !

Ce qui est préoccupant, c’est que l’État – censé garantir un traitement égal à tous les médias pour préserver la liberté d’opinion – se mêle de très près des litiges qui concernent la presse !

Alors, oui, en France aussi, il y a des liaisons dangereuses… c’est grave docteur ?

 

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